Cette année encore, la Finlande est le pays le plus heureux du monde. C’est en tout cas ce qui ressort du World Happiness Report 2025. La Finlande obtient ainsi le meilleur score – pour la huitième fois consécutive ! Les Finlandais sont les premiers à s’en étonner et il ne leur viendrait pas à l’idée de se faire mousser. C’est qu’en Finlande, on n’a pas la fierté fanfaronne, on a le sens des réalités et l’autocritique bien aiguisée. Donc ici pas d’étalage de cocoricos dans la presse, et c’est à peine si on aborde le sujet dans les conversations.
La presse internationale cherche à élucider le mystère Finlande. Une chose est sûre, en Finlande, le bonheur n’est pas celui du monde guimauve des Bisounours, ni celui du monde blingbling de Barbie. Alexander Stubb, le président de la Finlande, énumère trois raisons principales pour expliquer le très bon score de la Finlande dans l’étude sur le bonheur.
- La nature
- La confiance
- L’ éducation
Je ne peux qu’être d’accord avec lui, en particulier sur le premier point. La NATURE.
L’originalité du mode de vie des Finlandais réside principalement dans leur connexion à la nature et à ses éléments – avec leur gamme de phénomènes météorologiques saisonniers plus ou moins sympas (la neige, le froid, l’obscurité hivernale, les journées sans nuit, les aurores boréales etc. ). Cette connexion à la nature, et donc aux origines des Hommes, apporte aux Finlandais un sens profond de la relativité et un équilibre certain. Cela leur permet de se détacher des futilités de l’éphémère pour voir le durable et l’important. La nature remet les idées en place.
En Finlande, on est donc connecté à la nature. Ne serait-ce que pour adapter sa tenue aux températures extérieures ou prévoir un délai supplémentaire pour déneiger devant sa porte, on s’intéressera forcément, au moins un peu, à la météo.
Les Finlandais vont à la mökki (chalet d’été, souvent au bord de l’eau, au confort simple où on profite des belles et longues journées d’été, à l’extérieur et sans chichis). On passe une nuit dans un parc national, sous la tente ou dans un cabanon. On fait du bateau, on pêche, on part en forêt cueillir des baies ou ramasser des champignons (les fameux droits Jokaisenoikeudet donnent à tout le monde le droit de se balader n’importe où, ou presque, et d’y cueillir baies et champignons), on se fait piquer par des moustiques. On se baigne dans un avanto (ouverture dans l’eau glacée d’un lac ou de la mer). Il y aura toujours, pas trop loin de là où vous êtes, une aire de pique-nique avec un grill pour faire griller des saucisses. (Voir article Envie de faire griller des saucisses à Helsinki ?).
On habitue les enfants à être dehors. Ne vous étonnez pas de voir des berceaux parqués dehors (avec bébé dedans) ou des enfants à la récré, dans la cour de l’école, par des températures bien inférieures à zéro. On conseille tout de même de ne pas faire dormir bébé dehors quand le thermomètre descend en dessous de moins dix degrés. Je me répète : moins dix degrés Celcius. Cela semble aberrant, n’est-ce pas ?
Et il y a cette surprenante version domestiquée de la nature et de ses éléments : le sauna finlandais.
Mais il me semble qu’on oublie un élément essentiel : la RELIGION, tout simplement.
